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24 février 2016

VJ, artiste de l’ombre d’Igloofest

VJ, artiste de l’ombre d’Igloofest

L’Igloofest est terminé, déjà on se demande comment on bravera les prochains mois hivernaux. Près de 80 000 danseurs ont pris d’assaut le Vieux-Port pour célébrer le 10e anniversaire de cet événement unique au monde.

Les organisateurs de cette édition ont mis le paquet. En plus des 74 artistes musicaux, 25 artistes visuels ont créé de la magie sur le site. Peu connus, ils sont pourtant partie prenante de l’ambiance folle de l’Igloofest. Maîtres de l’image, leur créativité donne le sourire à des milliers de salopettes ambulantes.

Les seuls VJ que je connaissais étaient les animateurs de Musique Plus. Marion Carassou-Maillan, responsable de la programmation des VJ a bien ri de ma définition. «VJ est un acronyme de video-jockey, c’est le même principe que DJ, mais on travaille l’image en temps réel avec éléments vidéos répétitifs, en diapason avec la musique électronique. Nous créons une conversation entre l’image et le son.»

Le VJ est issu des boîtes de nuit et des arts. Depuis les années 2000, il est en plein essor. «La pratique a évolué intrinsèquement avec la technologie qui a multiplié les possibilités d’immersion avec le public. Mine de rien, comme artiste de l’ombre, on a un grand pouvoir. En étant attentif, on contribue à la soirée. Le public ressent notre travail.»

Les VJ sont toujours placés face à la scène, pour suivre la musique et les réactions de la foule. Imaginer Igloofest sans ces forces visuelles qui appuient la programmation est quasi impossible. D’ailleurs, des D.J. craintifs préfèrent ne pas avoir d’appui vidéo, mais c’est non négociable pour l’organisation. Les projections font partie du spectacle. «Après ils sont très contents, précise Marion. C’est une expérience mémorable pour ceux qui ne sont pas habitués de jouer dans ces conditions. La vidéo met de l’avant leur musique.»

Le défi constant de Marion est d’agencer les artistes musicaux avec les artistes visuels, selon leurs styles artistiques. Le VJ doit initialement aimer le D.J. pour lequel il crée, être très réactif à son œuvre. L’objectif est toujours de vivre un moment festif sous zéro.

«Ce sont des acteurs de la culture numérique montréalaise. À travers leurs démarches et leurs expressions artistiques, les spectateurs profitent d’une soirée immersive intense qui leur laisse un bon souvenir. On veut qu’ils quittent le site les yeux ronds.»

La responsable de la programmation des VJ rappelle qu’ils sont avant tout des artistes et non des opérateurs, même s’ils doivent travailler de concert avec les éclairagistes pour jouer avec les gens, les faire sauter ou encore accentuer des sons. Pour Marion, le bassin de création de la métropole est énorme. D’ailleurs, elle mijote déjà les détails de la prochaine édition qui fêtera le 375e de Montréal. En attendant, on rêve des rayons de soleil du 22 mai pour l’ouverture du Piknic Électronik.

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Fadwa Lapierre