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14 juin 2016

Manuel Chantre & la désacralisation du cellulaire

Manuel Chantre & la désacralisation du cellulaire

Imaginez que l’on prenne vos données photos et vidéos de votre téléphone cellulaire et qu’une exposition soit créée? C’est ce que propose Manuel Chantre avec Monday, March 11, 2013, dans le cadre de la Biennale internationale d’art numérique (BIAN).

L’artiste multidisciplinaire a développé cette idée lors d’une résidence en milieu scolaire. Il a utilisé une carte mémoire pour attirer l’attention des jeunes qui étaient distraits. Manuel leur a proposé de faire une sculpture avec les données d’un téléphone qu’il a trouvé. Au début, les jeunes ont mal réagi, avaient peur qu’il s’agisse de leur appareil ou disaient que c’était des données privées.

«J’avais l’intention de créer une situation qui provoque les gens. Je ne veux pas mettre personne dans l’embarras, mais plutôt démontrer la réutilisation des données personnelles qui s’échouent dans la mer du Web et débuter une réflexion. Je m’intéresse beaucoup au rapport technologique avec la société, la mémoire, l’éthique.»

Avec Monday, March 11, 2013, Manuel Chantre explore la désacralisation du téléphone cellulaire. L’objet de culture populaire est détourné, on décortique la machine pour créer un dialogue. Par les sculptures, les vidéos et les gravures de la série, il pose un regard critique et poétique sur la confiance que nous avons envers les données personnelles emmagasinées par les téléphones portables. Le titre est tiré de la date de la dernière photo qui a été retrouvée sur la carte mémoire.

C’est la deuxième participation à la BIAN de l’artiste. «Cet événement est essentiel pour faire le lien avec le public et réunir les artistes qui présentent des œuvres de qualité. La BIAN fait un pont entre l’art numérique et l’art visuel plus traditionnel. C’est intéressant de décloisonner le tout et d’avoir une reconnaissance au-delà de la techno.»

Manuel Chantre est connu pour avoir présenté son travail dans des institutions de renommées internationales. «J’adore le milieu du numérique. Comparativement à d’autres pays, notre État a fait le choix de financer plusieurs organismes culturels. Le résultat est que nous avons un réseau fort et un savoir-faire enviable, comme Moment Factory, Pixmob, ou encore le Cirque du Soleil. Notre milieu est en santé, je n’ai pas envie d’aller ailleurs pour produire mes projets!»

Monday, March 11, 2013 a suscité beaucoup de réactions du public, profitez de la dernière semaine pour voir l’exposition à la Bibliothèque de Parc-Extension jusqu’au 19 juin.

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Fadwa Lapierre