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4 mai 2016

Le cauchemar merveilleux d’Arthur H.

Le cauchemar merveilleux d’Arthur H.

Pour la première fois, la poésie salace et frondeuse s’infiltre à la Société des arts technologiques (SAT). Le Cauchemar merveilleux est à l’origine un recueil de poèmes et de contes d’Arthur H. Un nouveau mariage réussi! Rencontre avec l’énigmatique auteur-compositeur-français sur son expérience immersive.

D’où est venue la concrétisation de ce spectacle de 17 poèmes?

Je suis tellement heureux, ça fait un an et demi que je voulais faire quelque chose ici. C’est la concrétisation d’un rêve après une semaine de nuit blanche.

J’écris une poésie très imagée. L’idée de retrouver une espèce de cinéma primitif, tout aussi archaïque que futuriste m’a plu. La prochaine matière artistique est l’espace. Il faut dessiner l’espace pour que notre esprit se balade. En visitant le dôme, j’ai trouvé ça tellement inspirant.

Comment éviter que la technologie n’immerge pas les mots dans ce monde multisensoriel?

Il faut chercher des images qui n’écrasent pas les sons et les mots, mais qui les stimulent encore plus. Tout est suggestif, il ne faut jamais imposer une image. Je suis très heureux de ramener le théâtre dans le dôme de la SAT. Avec des mots, on peut facilement voyager. C’est un univers compatibles à l’abstraction de l’œuvre. Les possibilités sont infinies. Et c’est sympa de le faire en français.

cauchemar merveilleux
Crédit photo : Bruno Colpron

Pourquoi Montréal se prêtait bien à ce projet?

Montréal en ce moment est dans un était de grâce artistiquement parlant. C’est l’endroit où toutes les choses sont possibles, on y respire! J’ai expliqué le projet à Nini (fondatrice & directrice artistique de la SAT) et elle m’a simplement dit : on y va!

Après le spectacle, la fondatrice de la SAT, a spontanément offert à Arthur H. une résidence à vie entre ses murs!

Extrait de Cauchemar merveilleux

L’AEROPORT DE LOS ANGELÈS

Mon cerveau est l’aéroport de Los Angeles

Une nuit d’août, pas de lune, pas de nuage

Au ciel seule la semence divine

Le foutre d’étoiles

Mon cerveau est l’aéroport de Los Angeles

Dans le fluide, dans le flux, dans la vague

Les pensées, pressentiments, éclairs

Intuitions, lueurs, sensations

Décollent, atterrissent, s’envolent

En haut de la tour de garde

Suis-je ce contrôleur du ciel solitaire

Qui dessine ou efface, selon ses caprices,

Les scintillantes pistes d’atterrissage ?

Et si j’éteins ou je rallume les étoiles

Suis-je le naufrageur ou le sauveteur

Des lumineuses pensées qui traversent les univers ?

 

Cauchemar-Merveilleux
Crédit photo : Bruno Colpron

Les compositions sonores de Léonore Mercier

Plasticienne, réalisatrice et compositrice, les œuvres de Léonore Mercier sont protéiformes. «On raconte des histoires dans une dimension musical, spatiale et cinématographique. Le défi est la façon de produire une écoute attentive, de s’autoriser ce moment de liberté.»

L’original outil de Léonore est le synesthésium. Ce dôme géant d’armatures métalliques sur lesquelles sont accrochées 24 enceintes et 8 vidéos projecteurs qui permettent une immersion 3D dans le son et la lumière. Le son ambisonique est unique et se prête bien aux nouvelles créations. Elle le présente à Lille en France.

Les visuels de Maxence Mercier

Maxence Mercier se consacre à des projets de création entre arts numériques, musique et vidéo. C’est dans la multiplicité des interactions qu’il extrait les matériaux de son travail, en quête d’une écriture à rendre sensible et accessible.

«Il y a trois interprétations qui cohabitent : l’image, le son et les mots. La poésie amène une dynamique différente, il y a un rapport au temps et une esthétique à respecter. Sans surcharger, il faut réussir à créer un environnement immersif pour transporter le spectateur ailleurs et le laisse bercer par la sensibilité de l’œuvre.»

Le Cauchemar merveilleux est présenté jusqu’au 13 mai du mardi au vendredi à 19h.

 

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Fadwa Lapierre