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10 juin 2016

Elektra 2016: endiablé!

Elektra 2016: endiablé!

Époustouflant. C’est le 1er mot qui me vient à l’esprit pour décrire ma soirée Elektra du 3 juin. Sans blague, avec les deux dernières performances de la soirée, c’était mindblowing.

Une soirée avec Elektra

Dans l’immense espace de la fondation privée Arsenal Art contemporain, située sur la rue William, les visiteurs pouvaient se promener d’œuvre en œuvre, admirant Eternity de Nicolas Baier, l’arbre d’émail et d’aluminium de Ugo Rondinone ou encore la pléthore d’objets d’art réalisés « par les machines, pour les machines ». En effet, en plus des performances offertes par Elektra et des quelques œuvres acquises par la fondation, on pouvait visiter l’exposition AUTOMATA organisée par la Biennale internationale d’arts numériques. Cette exposition méritant un billet à elle seule, concentrons-nous plutôt sur deux des performances de cette soirée Elektra : Vertex (Saint-Denis / Piché) et Inferno (Vorn / Demers).

Du vertige avec Vertex

Une fois arrivé dans l’immense hangar qui sert au spectacle, on remarque vite une forme colossale placée sur un énorme socle drapé de noir. Véritable machine sonore, Vertex est à la fois architecture et instrument. Cette matrice 4 x 4 est en fait un cube formé de 16 tiges sur lesquelles sont placés des haut-parleurs. Reprenant l’idée de la cabine Leslie, ses haut-parleurs peuvent virevolter sur eux-mêmes, monter et descendre le long de leur axe, imitant des formes semblables au vol d’oiseaux. De cette machine sort une musique dense et électronique, plus portée vers le timbre que la mélodie, tandis que les lampes LED placées  sur les haut-parleurs, en déplacement synchrone ou non, forment une véritable chorégraphie de lumière. Durant l’un des rares moments d’obscurité de la performance, on aperçoit dans la pénombre le mouvement étonnamment organique du système de contrepoids. On ne sait ce que les compositeurs et l’instrument nous réservent pour la suite, mais on bien hâte d’y être!

Vertex Elektra
Vertex, Jean Piche

Inferno l’ensorcelante

À coup sûr, la sensation du moment aura été Inferno. Durant cette performance participative, 24 personnes pouvaient enfiler l’un des exosquelettes réalisés par Bill Vorn et Louis-Philippe Demers. Ces bras robotisés étaient placés à même les corps des participants, qui étaient alors soumis à une chorégraphie préprogrammée. Les visiteurs, en quelque sorte prisonniers de ces griffes de métal, devenaient comme des pantins, à la merci des artistes qui leur faisaient exécuter des mouvements de danse. Après quelques instants d’incertitude, toutefois, les participants cédaient à la tentation, et s’abandonnaient au délire d’être possédés par une force inconnue.

Infernale comme image? Absolument! N’ayant moi-même pu résister, j’ai sauté sur l’opportunité d’enfiler une de ces étranges combinaisons, et il faut reconnaître qu’on a l’impression de vendre son âme mortelle au diable en signant la décharge. Avec cette masse de métal sur les épaules, on se croirait prêt à partir en guerre. Après le suspense d’une longue intro musicale, on est alors secoué par la structure robotisée que l’on porte, et, sans autre choix que de s’accorder avec la volonté de la machine, on se met à danser, comme en transe, vivant l’agréable inverse d’un tourment éternel, et l’on se perd dans les rythmes de la musique, énorme et gonflée à bloc. Inferno, le divertissement du futur ? Le futur, il peut aller se faire cuire un œuf! Avec un « plaisir technologique » aussi passionnant qu’Inferno, le présent paraît beaucoup plus intéressant soudainement.

Avec une telle soirée on se demande comment on fera pour attendre un an de plus pour la prochaine série Elektra. Le pari est lancé!

Inferno – Bill Vorn et Louis-Philippe Demers

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Pierre-Luc Senécal