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11 avril 2014

Danse et transe au festival Temps d’images

Danse et transe au festival Temps d’images

Le festival Temps d’images, se déployant dans une dizaine de pays européens, s’est rendu à Montréal du 4 au 10 avril pour une neuvième année consécutive. Jouant sur la frontière entre les médiums et des disciplines, six spectacles ont pris place à l’Usine C dans le cadre de ce festival qui s’inscrit dans le Printemps numérique.

Mercredi soir, c’est à Moving in this world, de Marie Brassard et Sarah Williams, que j’ai assistée. Cette pièce aux limites de la danse, de la poésie et de l’art médiatique, se veut une exploration des états d’extase entraînés par les substances psychoactives. L’unique interprète, Sarah Williams, amorce la pièce en entamant un monologue sur les origines animales et végétales des poisons entrainant des hallucinations, sur un début de voyage aux frontières de la conscience et vers des mondes invisibles. Le ton est lancé…

Démarre ensuite un enregistrement d’une narration servant de trame de fond à ses délires dansants, appuyé par une trame musicale numérique aux accents de distorsion. Comme pour marquer une délimitation entre la réalité et la transe psychotrope, elle retire alors ses vêtements pour laisser paraître une robe aux allures de boule disco avant de se mettre à danser dans ses mondes hallucinés. Ma perplexité initiale laisse rapidement place à un étonnement bien senti lorsque je réalise l’ampleur des effets spéciaux que permet ce bout de tissu tout simple, que des projections et des projecteurs animent de reflets lumineux.

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Photo par l’Usine C

Et c’est justement ce qui résume le mieux l’aspect technique de la représentation; un art hybride utilisant à la fois des effets technologiques et de bons vieux objets physiques pour créer des illusions fascinantes. L’interprète semble un moment plongé dans un immense aquarium grâce à une toile en plastique dressée entre elle et son public, et contre laquelle les reflets des projecteurs sur sa robe créent des effets surréels. Un temps, elle joue dans une danse hypnotisante avec la projection d’un cube tournoyant sur cette même toile, et qui semble illustrer sa conscience tantôt mouvante et hors de son corps.

On embarque aisément dans le jeu de l’interprète qui s’enfonce dans plusieurs niveaux de transe hallucinatoire. Les tableaux peints par le corps expressif de l’interprète et les effets numériques franchement excellents sont tout à fait fascinants.

Bref, un spectacle mature, extrêmement esthétique, et qui entraine le spectateur bien à jeun dans des mondes parallèles.

 

Moving in this world a été présenté dans le cadre du festival Temps d’image, qui se tenait du 4 au 10 avril 2014 à l’Usine C.

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KARINE ST-GERMAIN BLAIS